Le choix du type de ruche est un point essentiel à ne surtout pas négliger. Il détermine la façon de travailler de l’apiculteur avec ses abeilles, de ses succès comme de ses échecs. Il est donc essentiel d’en connaître les avantages et les inconvénients avant d’aller plus loin.

Nous vous proposons de faire un tour d’horizon des différents types de ruche que vous pouvez trouver dans les magasins d’apiculture.

Les ruches traditionnelles

Il s’agit des ruches en pailles, en osier, en seigle, en pierre, ou en tronc. Elles ont une conduite délicate et peu adaptée aux problématiques du moments. Il est difficile avec ces ruches de suivre correctement les colonies d’abeilles et d’apporter une surveillance sanitaire digne de ce nom. Les colonies seront livrées à elles-mêmes et pour débuter ce n’est pas une bonne idée. Il est possible d’en trouver dans les magasins d’apiculture mais nous vous les déconseillons.

Les ruches modernes

Contrairement aux ruches traditionnelles, les ruches modernes, avec l’utilisation de cadres mobiles, ont une gestion simplifiée.

  • Possibilité de transférer une colonie
  • Permettent de diviser et réaliser des essaims artificiellement
  • Facilite le contrôle de la colonie
  • Préservation de la colonie lors de la collecte de miel

En quelque sorte, une révolution apicole (nous n’avons pas fait mieux depuis 1 siècle)

La fin du XVIIeme siècle verra l’émergence de plusieurs types de ruches modernes, toutes avec leurs avantages et leurs inconvénients.

Ruche Dadant (1817-1902) – Le type de ruche la plus utilisée.
Ruche Warré(1867-1951) ruche dite « écologique » qui nécessite une conduite spécifique.
Ruche Langstroth – ruche divisible utilisée en Amérique et dans le nord de la France.
Ruche Layens (1834-1897) – Encore utilisée par quelques apiculteurs dans l’est de la France et en Espagne.
Ruche Voirnot (1844-1900) – Utilisée en montagne.
Ruche Kenyanne – Elle a du succès en ce moment.

Composition d’une ruche

Les ruches sont le plus souvent vendues par les magasins apicoles avec les éléments suivants (en partant du bas vers le haut) :

  • Un plancher
  • Un corps de ruche
  • Une hausse
  • Des cadres de corps et de hausses
  • Un couvre cadre
  • Un toit

Passons-en revue les différents éléments de la ruche

Le plancher

C’est le socle sur lequel le reste de la ruche est posé, ainsi que  l’entrée de la ruche pour les abeilles. Traditionnellement il est réalisé en bois, seulement avec les intempéries celui-ci se dégrade rapidement. C’est l’une des raisons pour lesquelles bon nombre de professionnels l’ont largement remplacé ces dernières années par des planchers en plastique de type Nicot.

Les fonds de ruches peuvent être :
• pleins (traditionnellement)
• avec aération arrière (pour favoriser l’aération et éviter la condensation)
• avec aération totale (pour l’aération et contrôler la chute des varroas lors des traitements)

Les plateaux de ruche avec aération totale disposent de 2 glissières en dessous qui permettent l’introduction par l’arrière d’un panneau coulissant pour contrôler les varroas ou réduire l’aération dans la ruche. Celui-ci à un double intérêt, son observation permet également d’avoir une bonne vision de l’activité de la ruche sans l’ouvrir, ce qui est très pratique en hiver.

Le corps de ruche (rez-de-chaussée)

C’est l’élément principal de la ruche ; il contient le cœur de la colonie et l’ensemble des éléments nécessaires (miel, pollen, couvain…) à la vie de la colonie tout au long de l’année. C’est une partie vitale que l’apiculteur préservera. Sa contenance dépend du type de ruche que vous choisirez.

Il est composé de 10 à 12 cadres amovibles sur lesquels seront ajoutés soit une simple amorce de cire pour certains modèles ou une feuille de cire gaufrée.

De base il est fabriqué en bois de sapin, mais il peut être intéressant de l’acheter en cryptomériade ou en plastique pour réduire le poids de la ruche et ainsi ménager son dos.

Par choix de se rapprocher le plus possible de leurs habitats naturels, je préfère le bois. A chacun de choisir selon ses convictions.

Les cadres

Il existe plusieurs types de cadres :
• Les barrettes sur lesquelles des amorces de cire sont installées particulièrement utilisées pour les ruches warré ou kényane. Elles sont considérées comme écologique.
• Les cadres droits communément utilisés avec des crémaillères pour respecter l’espace de circulation des abeilles. Aussi appelée beespace.
• Les cadres Hoffman utilisés sans crémaillère mais avec des bandes lisses. Les cadres sont côte à côte. Ce système est utilisé par certains professionnels qui estiment qu’il est plus facile de manipuler les cadres ce qui représente un gain de temps lorsque l’on a 200 ou 400 ruches.
• Les cadres à jambage qui font parler d’eux ces derniers mois avec des problèmes de cire.

Comme vous pouvez le constater le choix ne manque pas. Généralement lorsque vous achetez une ruche en kit, les cadres vendus avec sont simples : cadres droits pour les ruches dadant et langstroth et de simples barrettes pour les ruches warré et kényane.

Précision importante, les cadres sont vendus sans les feuilles de cire. N’oubliez pas de vous en procurer. Nous aborderons le montage de la cire dans une prochaine publication

La hausse

La hausse est la partie amovible de la ruche que l’on ajoute sur le corps de ruche lorsque la colonie s’est bien développée en sortie d’hiver et que les butineuses rentrent le nectar en masse. (Vers mi-avril) C’est sur cet élément que se fait la récolte de miel.

Les ruches divisibles ont la particularité d’avoir les hausses de la même hauteur que le corps de ruches. (Langstroth, warré). Pour les autres elles ne font que la moitié de celui-ci. (Dadant).
En général dans les hausses le nombre de cadre diffère de 1 ou 2 de celui du corps laissant ainsi plus de place aux abeilles pour stocker le miel. Alors que le corps de ruche contient 10 cadres, en règle générale, les hausses en contiennent 9.

C’est à partir des hausses que sera récolté le miel laissant ainsi le nécessaire aux abeilles dans le corps de ruche.

Le couvre cadre

Sa fonction principale est de fermer le haut de la ruche et d’isoler la colonie entre le toit et le corps ou la hausse. Certains sont vendus avec un trou de quelques centimètres et un encadrement en bois suffisamment haut pour ajouter en début de saison un sac de candi ou un chasse abeille pour la récolte.

Il peut être intéressant dans les régions froides de mettre des couvres cadres plus performant avec des isolants comme un matelas de bulles d’air revêtu d’aluminium ou des isolants composites comme Apifoam.

Le Toit

Le toit vient recouvrir la jonction entre le couvre cadre et la hausse ou le corps de ruche. Il est recouvert d’une tôle avec une hauteur plus ou moins importante (65, 80 ou 105 mm)

Il existe 2 types de toit :
• Plat
• Chalet

Pour des questions pratiques, nous vous conseillons de choisir un toit de ruche en tôle de 105 mm de hauteur.

• Il recouvre parfaitement le haut de la ruche,
• Lors des coups de vent, il est plus stable,
• Il suffit de retourner le toit et de poser les hausses dessus. C’est pratique pour ne pas poser la hausse à même le sol

Différents toits de ruche

Comme vous l’aurez compris, choisir sa première ruche n’est pas si simple, c’est pour cette raison que la semaine prochaine nous vous présenterons les spécificités de la ruche Dadant avec ses avantages indéniables mais aussi ses défauts. N’oubliez pas de vous inscrire à la newsletter et sur les réseaux sociaux pour être prévenu des prochains articles.